A demi-Dior

Peut-être que la première chose qui vous saute aux yeux quand vous regardez le défilé Haute-Couture Automne/Hiver 2009-2010 de Christian Dior, c’est le lieu. Finis les podiums installés dans les annexes de Versailles ou dans les musées de la capitale, on retourne auprès des clients dans l’ambiance chaleureuse des salons de la maison avenue Montaigne. On défile sous leurs yeux comme du temps ou feu Mr Dior révolutionnait la mode avec son New Look. Un vrai défilé de présentation des créations, la base d’un tel évènement. Entre autres, on a aperçu aux premiers rangs Marion Cotillard, la nouvelle Lady Dior, voisine d’Yves Carcelle et en face de Suzy Menkes, la pythie de l’International Herald Tribune.

 Peut-être que la première chose qui vous saute aux yeux quand vous regardez le défilé, ce sont des jambes. Des jambes nues. Ou presque, des jambes en jarretelles. Ce rire mutin coquin qui résonne encore alors que la top descend l’escalier vous avait pourtant mis en jambes, si j’ose dire. Vêtue d’une magnifique veste fuchsia brodée, un bibi en léopard autour de la tête, elle pose avec une évidente assurance devant le bouquet de fleurs blanches.

 On se souvient du bruit retentissant qu’avait fait le New Look dans les années cinquante parce que le couturier avait raccourci les jupes (on est encore dans la période de transition de l’après guerre, pour l’époque il n’y est pas allé avec le dos de la cuillère). John Galliano frappe plus fort en faisant carrément l’impasse sur le bas. Mais pas que.

Quelques passages plus loin, c’est le haut qui disparait, et il ne reste plus que la jupe, justement. Voilà qui devrait plaire à Dita Von-Tease.

demi modèles

Pour la saison froide, on sera à demi somptueuses, à demi provocantes. C’est du moins l’illusion qu’on voudra donner, car crise oblige on n’investi plus qu’à moitié. Ou alors c’est que la demi-mesure est devenue la norme. Mi-figue, mi-raisin, les femmes Dior n’ont plus froid aux yeux et sautent à pieds joints dans l’exhibitionnisme. Femmes, arrachez vos doublures ! Les jupes légères que vous portez ne doivent plus suggérer, elles doivent exprimer. Rien ne se cache, rien n’est discret, tout doit se voir.

Sans peur et sans doublure

Sans peur et sans doublure

La palette de couleur est riche et punchy : Violet, orange, bleu lila, jaune ou blanc pur, on se fait remarquer. Et parce qu’il y a un animal en chacune de nous, on porte aussi des vestes en zèbre (comme le slim de Kate Moss en couverture du premier numéro de Grazia), des robes ou des foulards en léopard, le tout accessoirisé par des sacs en croco ou en python.

Chaussures et accessoires

 

Chaussures et accessoires

Au cas où on n’oserait pas encore montrer ses dessous, trop timide pour le « montre-moi tes jarretelles je te dirai qui tu es », on laisse négligemment dépasser le bas de son jupon en soie et dentelle sous la jupe, et on porte les escarpins bridés comme des porte-jarretelles (c’est fait exprès) pour bien concrétiser ce qu’on a sous le fameux jupon.

Pas si timide que ça

Pour la goutte qui fera déborder le vase à moitié plein, cet hiver, la mariée passera directement de l’autel à l’hôtel. John Galliano, en Al Capone, est le mafioso qui aura notre peau. Cela ne nous fait ni chaud ni froid, car nous on est à fond !

Le parain qui m'aimait

Flo.

Crédit photos : Style.com

 

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